Entrevue avec le président du CCIM, John Thompson - le 7 décembre 2012
08 janvier 2013
Le CCIM a tenu une entrevue avec John Thompson, qui est le président du CCIM depuis le mai 2012, afin de discuter l'innovation dans l'industrie et des plans pour l'avenir de notre organisation.
Vous étiez universitaire avant de travailler à Teck. Croyez-vous que cette expérience vous présente un avantage dans votre rôle au CCIM?
Absolument! À l'Université de Colombie-Britannique j'ai dirigé MDRU, un groupe de recherche dirigé et financé par l'industrie, ce qui constitue un vrai bénéfique dans le contexte du CCIM. J'ai pu travailler directement avec environ 30 membres de l'industrie afin d'élaborer des programmes de recherche pour servir leurs intérêts et c'est eux qui ont fait le financement. Nous avons pu également obtenir des financements supplémentaires du CRSNG et d'autres organismes. Beaucoup de ce que nous faisons au CCIM est une version plus grande du rôle que j'ai joué à MDRU, et donc cette expérience s'est avérée utile.
Comme étant un ancien VP de l'une des plus grandes compagnies minières du Canada, comment voyez-vous l'innovation comme un élément moteur dans la rentabilité de l'industrie?
C'est extrêmement important pour deux raisons. La première, c'est que l'industrie minière est une très dure industrie, tant en complexité qu'en taille. L'industrie a besoin de nouvelles approches pour maintenir la productivité et la profitabilité mais elle a aussi tendance d'être conservatrice, ce qui rend difficile l'innovation et le développement et la diffusion de nouvelles technologies.
La deuxième raison, c'est que chaque année les problèmes deviennent de plus en plus importants. Pour plusieurs produits de base essentiels, nous ne sommes pas en train de découvrir de nouvelles ressources et réserves aussi vite que nous les extrayons. En même temps, plusieurs de nos mines deviennent plus anciennes, ce qui nous exige de creuser plus profondément dans les mines souterraines et plus grandes mines à ciel ouvert. D'un point de vue purement logistique, nous faisons de plus en plus souvent des efforts accrus pour avoir moins de produit, et les solutions à ce dilemme vont seulement venir à travers les nouvelles technologies.
L'industrie a donc un besoin et, en dépit de ses tendances conservatrices, un goût accroissant pour trouver des moyens d'innover, de produire de nouvelles technologies et de les intégrer dans les opérations. L'innovation sera très importante pour aller de l'avant.
Selon vous, quels sont les obstacles principaux à l'innovation dans l'industrie minière canadienne?
Le plus gros obstacle est la difficulté de piloter, tester et mettre en œuvre de nouvelles technologies en extraction et en traitement dans un environnement qui pose de multiples problèmes. Un deuxième obstacle, étant donné le coût et la taille des opérations minières, est la réduction de risques lorsqu'on introduit de nouvelles technologies. Évidemment, si on dépense cinq milliards de dollars pour construire une mine, on veut que ça marche. Il y a donc une tendance naturelle d'utiliser des technologies qui ont déjà fait ses épreuves en lieu des nouvelles technologies que nous en avons besoin.
Comment croyez-vous que l'on puisse surmonter ces obstacles?
Le CCIM et d'autres groupes essaient d'augmenter la quantité de travail qui se fait et d'inventer de nouveaux produits, de nouvelles solutions et de nouvelles idées. Le plus de travail que nous faisons, le plus que nos solutions vont trouver un écho parmi les défis et les enjeux de l'industrie, et le plus que l'industrie va les accueillir. C'est un vrai défi d'arrêter une opération afin d'essayer quelque chose de nouveau lorsqu'on n'est pas certain que ça va fonctionner. Comme l'industrie commence à connaître une compression des marges et leurs coûts augmentent, elle va de plus en plus prendre conscience qu'il faut essayer de nouvelles choses et elle aura une incitation à faire ça.
En général, l'industrie a bien fait depuis les derniers cinq ou dix ans comparé aux décennies précédentes. Plusieurs dans l'industrie se rendent compte que les prochains dix ans ne seront pas aussi faciles sans faire des changements. L'industrie minière cherche des moyens de piloter et tester de nouvelles idées et technologies, donc nous devons leur fournir les idées.
Qu'est-ce que vous considérez être les plus importantes innovations minières qui se sont réalisées pendant votre carrière jusqu'à date?
C'est difficile à répondre parce qu'il y en a beaucoup. En exploration, la chimie analytique a tellement changée que nous pouvons maintenant tester pour plus d'éléments à des niveaux plus bas de détection. Les techniques géophysiques se sont améliorées et nous avons de nouvelles technologies aéroportées, qui ont fait un grand impact. Et notre compréhension des gisements s'est beaucoup améliorée, même si ce n'est pas encore complète.
En extraction minière, l'innovation la plus importante est l'optimisation des opérations par l'intégration d'extraction et broyage, l'introduction de GPS et SIG, intégrée avec l'aménagement minier et les systèmes de contrôle pour les opérations.
En traitement, les plus importantes innovations sont les technologies en hydrométallurgie et lessivage.
Selon vous, quelles sont les innovations les plus nécessaires pour l'avenir?
Nous avons encore beaucoup à faire pour améliorer notre taux de découverte en intégrant les technologies d'exploration et en mieux exploitant leurs données. L'intégration de l'extraction et le traitement et le potentiel d'automatisation seront des changements importants que nous allons voir dans un avenir proche. En gestion environnementale, nous avons besoin de vraiment comprendre comment les roches et rejets agissent avec le temps et d'atténuer des problèmes potentiels. Et, finalement, nous avons besoin de réduire la quantité d'énergie et d'eau que nous utilisons.
Qu'est-ce que vous croyez être la ou les priorité(s) pour le CCIM pendant votre mandat de président?
Ma priorité générale est de transformer le CCIM d'un effort coopératif, où nous avons contacté, écouté et pris des avis des intervenants clés, dans un organisation qui livre des projets, programmes et résultats qui font une différence, fournissant l'innovation pour soutenir l'industrie.
Les membres du CCIM semblent être grandement divisés entre trois types d'organisations: l'industrie, le gouvernement, et les universités. Quel est l'élément clé pour équilibrer les intérêts de ces différents groupes?
L'engagement et l'écoute: ils ont tous des perspectives valables et des besoins. En fin du compte, nous essayons d'améliorer les performances de l'industrie, donc il faut que l'industrie adopte les solutions, mais le gouvernement et les universités sont des éléments cruciaux dans la façon dont nous fournissons ces solutions. Nous devons travailler avec les trois dans une manière ouverte et efficace.
Le CCIM a tenu une entrevue avec John Thompson, qui est le président du Conseil canadien de l'innovation minière depuis le mai 2012, afin de discuter l'innovation dans l'industrie et des plans pour l'avenir de notre organisation.
En tant que président, qu'est-ce que vous considérez être actuellement les plus gros défis auxquels le CCIM fait face?
La maximisation de l'efficacité du temps consacré par nos bénévoles. Tous nos bénévoles sont des gens occupés et nous leur demandons beaucoup, donc il nous faut avoir les meilleurs résultats dans le moindre de temps demandé auprès des bénévoles. Faire ça viendra en part de la continuation d'améliorer l'efficacité organisationnelle du CCIM. Un autre part est de s'assurer que nous comprenons comment nous allons financer nos programmes et projets dans le futur.
À quoi supposez-vous ressemblerait le CCIM d'ici jusqu'à trois ou cinq ans?
Le CCIM va être plus reconnu partout au pays, particulièrement dans l'industrie minière, mais j'espère aussi de façon plus répandue, comme un exemple important de comment on réalise la collaboration et donc livre de l'innovation qui bénéficie l'industrie et le Canada. Le CCIM va être largement reconnue à l'échelle nationale et internationale, mais continuera de fonctionner comme un groupe efficace et relativement petit de gens, qui travaillent ensemble avec un plus grand groupe de bénévoles d'une manière efficace et collaborative.
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